Toucher un dividende chaque mois, c'est l'objectif de beaucoup d'investisseurs long terme. Encore faut-il savoir quand l'argent arrive vraiment, et combien il en reste après impôts. Voici comment lire un calendrier des dividendes et t'en servir pour lisser tes revenus sur l'année.
Les trois dates à connaître
- La date de détachement (ex-date) : à partir de ce jour, l'action se négocie sans le droit au prochain dividende. Pour le toucher, tu dois détenir l'action la veille au plus tard.
- La date d'enregistrement (record date) : le jour où l'entreprise arrête la liste des actionnaires. Elle suit généralement le détachement d'un jour ouvrable.
- La date de paiement : le jour où l'argent arrive chez ton courtier. Elle peut tomber plusieurs semaines après le détachement.
Le jour du détachement, le cours baisse en théorie du montant du dividende. Acheter juste avant pour « attraper » un dividende ne rapporte donc rien en soi, surtout une fois les impôts et les frais déduits.
Du brut au net : ce qui arrive vraiment sur ton compte
Le montant annoncé par l'entreprise est brut. Deux prélèvements peuvent s'appliquer :
- La retenue à la source du pays de l'entreprise (15 % pour une action américaine si ton courtier applique la convention fiscale, souvent davantage pour la France, la Suisse ou l'Allemagne) ;
- L'impôt de ton pays de résidence, qui s'ajoute ou se combine selon les règles locales.
Près de 40 % du dividende brut s'évapore dans cet exemple. Un calendrier qui n'affiche que du brut surestime donc nettement tes revenus.
Construire un portefeuille qui verse chaque mois
Beaucoup d'entreprises américaines versent un dividende chaque trimestre, à des mois différents. Les européennes versent plutôt une à deux fois par an, souvent au printemps. En combinant les deux, on peut remplir les douze mois :
- repère les mois vides de ton calendrier ;
- cherche des entreprises solides qui versent justement ces mois-là ;
- ne choisis jamais une action seulement pour sa date de versement : la qualité de l'entreprise passe avant.
Suivre la croissance de tes dividendes
Le vrai moteur sur vingt ans, c'est la croissance du dividende plus que son rendement de départ. Une entreprise qui verse 2 % mais augmente son dividende de 8 % par an te rapportera davantage, à terme, qu'une autre qui verse 5 % sans jamais l'augmenter. Compare chaque année le total de tes dividendes nets à celui de l'année précédente.